La sagesse populaire prétend qu'Alitalia signifie Always Late In Take-off Always Late In Arrival (toujours en retard au décollage, toujours en retard à l'arrivée), et malheureusement comme souvent les dictons populaires recèlent leur part de vérité, et il s'avère que compter sur une correspondance opérée par Alitalia est pour le moins aléatoire.
C'est ce dont je fis l'expérience à Rome-Fiumicino, ce qui me valut une nuit imprévue dans la capitale romaine, prise en charge par Alitalia, puisque les compagnies aériennes ont l'obligation de loger les passagers en transit quand elles sont responsables de la correspondance manquée.
Alitalia s'est ainsi empressée, enfin, empressée c'est une façon de dire, parce que c'est dans ces cas-là que l'on se rend compte que les italiens n'ont pas forcément la vitesse des Ferrari, de me reloger dans un hôtel ****, l'Ergife, que j'ai découvert à cette occasion.
La situation n'est pas optimale.
L'hôtel ne se situe pas dans la zone aéroportuaire, ce qui serait le plus logique pour un hôtel de transit, mais à Rome, ce qui en soit pourrait être sympathique, sauf qu'il se situe bien à l'écart du centre de Rome, dans un quartier exilé à quelques deux kilomètres et demi de St Pierre sur la même rive du Tibre, autrement dit au milieu de nulle part, si ce n'est d'un boulevard à la limite de l'autoroutier.
L'on cumule donc les inconvénients, puisqu'il y a pratiquement vingt-cinq minutes de l'aéroport à l'hôtel par la route, et que pour autant il n'est point possible d'aller dans le centre de Rome sans y passer beaucoup de temps, en prenant un bus dont je serai bien curieux de vérifier les fréquences ou en marchant dans des quartiers pas très agréables.
Il y a pas mal d'hôtels dans le quartier (un Holiday Inn notamment), mais j'avoue être très sceptique sur cette situation trop excentrée par rapport à la ville, et déjà la situation de l'hôtel est à mon sens un motif pour ne pas le choisir.
Le hall fait illusion.
Le bâtiment lui-même n'a pas beaucoup d'allure, une barre sans imagination qui ressemble plus à un HLM de banlieue qu'à un hôtel luxueux, mais il faut bien avouer que le grand hall en jette, avec de vastes espaces et un petit côté design apporté par un bar en hauteur et une sculpture.
L'accueil ramène bien vite aux réalités, avec un personnel aussi mollasson que peu souriant, j'ai déjà fréquenté pas mal de **** de par la planète, et rarement vu un accueil aussi faible, je me demande même si on peut parler d'accueil devant le service minimaliste.
Et passé le clinquant de la devanture, l'on se retrouve devant de grands couloirs tristes, dignes d'un hôpital, l'ascenseur d'un autre âge porte les signes d'un long usage, les panneaux sur le bord du couloir commencent à se décoller, j'ai l'impression de revenir à l'époque de Brejnev dans quelque pays de l'Est plutôt que d'être dans un **** romain…
La chambre est pitoyable.
Le mètre carré est chiche, et l'ameublement minimaliste, deux petits lits serrés l'un contre l'autre, un bureau simple, une petit télé encastrée, un frigidaire vide, une petite armoire, c'est à peu près le mobilier d'un Ibis, mais sans le côté propret d'un Ibis, dans une version vieillotte et sans goût. Le seul élément positif est la présence d'une glace de belle dimension face au lit, ce qui permettra de pimenter un peu la nuit en jouissant de cet accessoire trop souvent oublié dans les chambres d'hôtels, n'est-ce pas chère amie ?
La salle de bains n'est guère mieux, elle offre certes une baignoire, mais la tenue de température s'y révélera un peu aléatoire, et les fournitures sont indignes, des serviettes qui semblent plus à du linge d'hôpital qu'aux habituelles serviettes éponge des hôtels, de petits savons, deux gel-douche, pas de shampoing, rien d'autre, c'est le minimum minimorum, voire moins.
Bon, en réclamant à la réception, j'aurais droit en prime à une brosse à dents et des serviettes d'un peu meilleure qualité, mais cette chambre monacale m'a fait halluciner, j'ai cru un instant que j'étais tombé dans une faille spatio-temporelle, et m'était retrouvé dans un monde parallèle où le communisme avait triomphé et où l'Italie était devenue une République Populaire…
Les repas ne sont guère mieux.
Le dîner est potable, mais sans plus, pâtes, rôti aux épinards et flanc, cela se laisse manger mais fait plus cantine que restaurant de luxe, et quand je vois le dépliant vantant ce restaurant laissé dans la chambre, j'ai un peu de mal à voir le rapport entre la publicité et la réalité, sauf dans la photo de la salle, c'est bien la même.
Le petit déjeuner est assez minable, des œufs durs, du jambon largement polyphosphaté et du fromage, des croissants et du pain, une salade de fruits quelconque, du café et du thé mais pas de chocolat, du jus de fruit parfaitement chimique, et c'est tout. Et en plus on fait la queue pour cela, ce qui est la cerise sur la gateau, je me croirais dans un de ces petits déjeuners minables d'hôtels pour fauchés, pas dans celui d'un hôtel qui revendique un classement.
Faut-il parler du prix ?
Le tarif officiel est de 1213 francs (soit 185 euros), mais je doute qu'il y ait grand monde qui paye ce tarif officiel. Alitalia bénéficie certainement d'un prix très réduit, sûrement pas plus du tiers, et cela explique probablement le recours à cet hôtel improbable.
Quoi qu'il en soit, et quel que soit le tarif, je dirais que cela ne les vaudra jamais, et qu'il me paraît tout à fait aberrant de proposer un tel hôtel comme étant un ****.
Ergife, fais-moi peur !
L'Ergife ressemble à un quatre étoile comme moi à l'archevêque de Cantorbéry. Et encore, en disant cela je suis encore trop indulgent, puisqu'il me semble que je m'y connais plus en théologie que cet improbable établissement en hôtellerie.
Les prestations sont strictement indignes d'un hôtel quatre étoiles, l'on est ici en dessous de ce que l'on trouve dans un Ibis, pourtant nettement moins étoilé, et la situation n'a aucun intérêt, loin de l'aéroport mais pas vraiment dans la ville, et l'on comprend mieux après l'avoir fréquenté que l'hôtel ait des chambres disponibles à toute heure.
L'endroit ne vit probablement que de voyageurs forcés, naufragés d'Alitalia, transit de compagnies asiatiques, congrès à petit budget, et procure à cette clientèle forcée des prestations minimalistes, indignes des étoiles affichées, c'est un établissement qui ne devrait même pas exister…
Les plusJ'ai réussi à dormir . . .
Les moins dans une ambiance soviétique .
toubib901 recommande Ergife Palace ?
Oui
Non
Commentaires
Posté par
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09/11/07
On s'y croirait
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Super Toubib, plus besoin d'aller a Rome, tu nous y emmene...