Le Panama est une destination largement prisée des américains, et leur appétence pour les « resorts », complexes hôteliers intégrés proposant une offre de divertissement complète, a fait naître plusieurs de ces resorts, tel par exemple le Gamboa Rainforest Resort, au cœur de la forêt équatoriale, ou le Royal Decameron, qui jouxte à la fois l'océan Pacifique et un golf.
Le plus accessible de ces « resorts », côté transport sinon côté prix, se situe à quelques kilomètres seulement du pont des Amériques, cet ouvrage de fer qui enjambe le canal de Panama près de son embouchure côté Pacifique, et de sa plage l'on peut ainsi apercevoir au loin la file d'attente des bâteaux désireux d'emprunter le fameux canal.
Cet hôtel est l'un des deux Intercontinental du Panama, et plus précisément l'Intercontinental Playa Bonita.
L'accès à l'hôtel est aisé, sous réserve d'être motorisé.
Il suffit en partant de Panama City de prendre le pont des Amériques, spectaculaire ouvrage d'art par laquelle la Panaméricaine enjambe le canal de Panama pour trouver juste après sur ma droite une bifurcation fléchée « Intercontinental Playa Bonita », et se retrouver ensuite sur la route qui y mène.
Les taxis connaissent tous le chemin, et un taxi pris au hasard en ville sera tout heureux de toucher dix dollars pour la course, là où bien évidemment le taxi officiel de l'Intercontinental demandera le double, avec certes une voiture climatisée et qui ne ressemble pas à une épave - je revois encore la tête du gardien de l'Intercontinental voyant arriver le taxi le plus pourri du Panama,et vérifiant que j'avais bien une tête d'honnête touriste avant de se décider à ouvrir sa grille!
Cette situation un peu excentrée assure à l'hôtel un royal isolement, et c'est certainement le but, mais en revanche elle limite quelque peu l'intérêt de l'hôtel comme base pour rayonner sur Panama City ou par ailleurs. C'est typiquement l'hôtel balnéaire autarcique, et pas du tout l'hôtel d'homme d'affaires ou de touriste culturel…
Le portail donne déjà une idée du standing de l'hôtel, un grand portail blanc dont la guérite sépare les deux voies d'entrées et de sortie, et dont chaque voie est protége par une grille électrique, qui ne s'ouvrira qu'après un coup d'œil du factionnaire. Ceci étant, c'est comme dans tous les pays non occidentaux, il suffit d'être « white caucasian », comme disent les nord-américains, pour être admis derechef.
Les bâtiments de l'hôtel sont tous blancs, dans une sorte de style néo-mauresque assez harmonieux, un peu comme une version géante des maisons blanches de la tunisienne Sidi Bou Saïd, et s'articulent en un V autour du noyau central constitué par l'immense lobby de la réception. La disposition permet de maximiser le nombre de chambres tout en leur garantissant à toutes vue sur mer et sur les piscines de l'hôtel.
L'hôtel possède en effet la bagatelle de trois piscines, de formes artistiquement irrégulières, ce qui évite toute surabondance de baigneurs, et il offre deux points de distribution des serviettes de bain, ce qui évite d'avoir à les chercher à l'autre bout - il est aussi appréciable que les serviettes de bain oient distribuées sans barguigner, au contraire d'hôtels un peu mesquins qui ne les distribuent qu'après identification de la chambre.
La plage a belle allure aussi, vaste arc de cercle de sable fin bien qu'un peu sombre, mais les eaux ne sont pas très flatteuses d'aspect, d'un vert glauque peu amène et d'une turbidité bien loin des eaux limpides des catalogues. Mais le plus surprenant est la température quasi-polaire de l'eau, qui explique l'absence à peu près permanente de baigneurs du côté océan ! La remontée des eaux froides des fonds abyssaux du Pacifique, ou upwelling, explique cette fraîcheur généralisée dans cette zone du Panama, fraîcheur peu propice à la baignade. En revanche l'abondance poissonneuse conséquence de cette remontée d'eau riches en nourriture fait la joie des pélicans, que l'on peut voir plonger à quelques dizaines de mètres tout au plus, avant d'aller se reposer sur les rochers avoisinants…
Cette faiblesse balnéaire est quand même à mon sens un gros handicap pour un hôtel a priori destiné à des vacances style sea, sex and sun, la partie « sea » étant franchement frustrante. Il y a certes largement de quoi faire trempette dans les piscines, mais c'est un peu vexant de se baigner dans une piscine à vingt mètres de l'océan !
Un service efficace
L'hôtel se targue d'un certain cachet, et cela se ressent dans le standing. Le chasseur se précipite pour ouvrir la portière, le porteur saute sur les bagages avec empressement (il le sent, le bougre, le dollar de pourboire déjà préparé) et le desk accueille en permanence deux personnes, ce qui permet d'avoir un check-in particulièrement efficace, le plus long étant finalement de prendre l'empreinte de la carte de crédit destiné à couvrir les extras.
Le personnel de ménage est disponible, et il suffit de s'étonner de l'absence d'un shampoing pour en voir arriver deux dans les minutes qui suivent, ou lorsqu'une femme de chambre passe de réclamer des cotons-tiges pour voir celle-ci s'empresser d'aller chercher deux pochettes de cotons-tiges, signée d'un nom français d'ailleurs, ça fait toujours chic le côté français dans ce genre d'hôtel.
De façon générale, le personnel est nombreux et prévenant, et tout à fait conforme à ce que l'on est en droit d'attendre d'un établissement de ce standing et de ce tarif…
La chambre ne manque pas d'allure.
Les meubles de bois sombre et les murs blancs forment un ensemble élégant, et en particulier les portes de la chambre, de la douche et de l'armoire gravées de motifs géométriques sont assez remarquables, chic et loin de la banalité hôtelière de rigueur.
Le lit est imposant, même pour un Queen Size, et avec ses deux mètres de largeur sur plus de deux mètres de longueur il en remontrerait à bien des King Size d'autres hôtels. Il faut reconnaître qu'Intercontinental n'a pas mégoté là-dessus, et ce vaste lit d'un confort inattaquable est un des bons points de cette chambre.
Le bureau est doté d'un plateau de marbre, ce qui fait assez luxueux, mais dépourvu d'un tiroir, ce qui est moins pratique, tandis que la vaste armoire héberge essentiellement la télévision. Le fauteuil se prolonge d'un repose-pieds, mais il n'y a pas de table d'appoint, alors que la place serait largement suffisante pour cela, petite faute de goût à ce niveau de gamme.
Le mètre carré ne manque pas dans cette vaste chambre, mais curieusement le pose-valise de rigueur est omis, ou du moins l'est jusqu'à réclamation auprès de la réception, ce qui permet d'en voir venir deux apportés par un sbire de l'hôtel!
L'entrée abrite une penderie, incluant un coffre-fort et une planche à repasser pour ménagère en mal de son activité favorite, ainsi que le mini-bar et le kit thé-café à disposition gratuitement. L'eau minérale est payante et fort onéreuse, puisque l'Evian qui était à $3,75 au Gamboa Rainforest Resort et à $4,00 au Crowne Plaza Panama atteint ici $5,00, l'eau des îles Fidji étant elle à $6,00 - à ce prix-là il est heureux que l'hôtel m'informe que l'eau courante est purifiée, et peut donc être bue telle que, sinon vu le climat chaud, ça ferait vite un sacré budget flotte !
Le balcon donne sur les piscines et le jardin, et deux chaises métalliques ainsi qu'une table basse assortie y ont été disposées, permettant de profiter du soleil, présent à peu près toute la journée vu l'orientation de l'hôtel, mais je regrette quand même l'absence d'un hamac qui eut fait couleur locale - côté balcon le Gamboa Rainforest Resort est plus convaincant !
Ceci étant, dans l'ensemble la chambre est des plus confortables, et respire le luxe tranquille…
Une restauration variée
L'Intercontinental Playa Bonita propose pas moins de trois restaurants, sans compter les petites sauteries sur mesure organisées pour des groupes, et cette abondance de lieux de restauration, jointe à la possibilité d'avoir un certain nombre de plats en room service, fait que chacune des salles n'est jamais bondée.
Le Café Plantation, près de la réception, propose au choix des buffets thématiques ou un service à la carte. Je n'ai pas testé les buffets, n'étant pas venu au Panama pour manger oriental ou mexicain, mais ai en revanche goûté à la carte un mahi mahi, poisson local, préparé fort agréablement, pour quinze dollars (soit dix euros ou 65,60 francs) plus 15 % de service et taxe. La salle intérieure est bruyante, mais la terrasse offre une agréable vue sur les piscines et le jardin, le seul problème étant que cette terrasse est également une allée de circulation.
Le Phare est le restaurant gastronomique de la maison, et il propose sous l'égide d'un chef français, Patrice Jaumon, un succulent menu-dégustation pour quarante dollars (soit 26,66 euros ou 174,90 francs) plus 15 % de service et taxe. Le prix est amplement justifié au vu de la farandole de saveurs de ce menu quatre plats, chacun des quatre plats étant constitué de trois ou quatre éléments, suivant le principe des menus-dégustation, et ce restaurant justifie sans peine son qualificatif de « gourmet », en français dans le texte.
Enfin la case de chaume entre les piscines propose un service de restauration assez simple, limité dans son ambition à des plats très américains (viande grillée, salade Caesar…), et je me suis dispensé d'y dîner…
Des activités assez limitées
Le principe d'un resort est normalement d'offrir tout ce que l'honnête touriste, et donc en particulier une large gamme d'activités, et de ce point de vue l'hôtel est un peu pauvre, sauf à recourir aux services de l'agence Gamboa Tours qui a un bureau sur place.
La liste des excursions spécifiques à l'hôtel se limite à deux, à savoir un jungle trail (balade dans la jungle avoisinante) et une version du même avec retour en kayak, le moins que l'on puisse dire est que c'est très léger. Le Gamboa Rainforest Resort propose par exemple une bonne dizaine d'excursions, tandis que là, c'est le service minimum, et j'ai le sentiment que quelqu'un qui y resterait une semaine aurait vite fait de s'embêter !
Une lacune flagrante est par exemple l'absence d'excursion vers l'île de Taboga, alors que celle-ci en face de l'hôtel pourrait être atteinte certainement en une demie-heure de bâteau, et qu'il est d'usage dans ce genre de complexe balnéaire de proposer au moins une excursion sur une île - par exemple le luxueux Sofitel Imperial Mauritius avait une telle excursion à son catalogue.
L'hôtel en est du coup réduit à suggérer la « beach walk », autrement dit la promenade sur la plage, merci, j'aurais trouvé tout seul qu'on pouvait le faire! En l'occurrence ce n'est pas désagréable puisque l'on atteint au bout de cette plage la mangrove, et peut regarder les oiseaux nombreux - mais hélas les insectes aussi sont nombreux, et leurs piqûres viennent assez rapidemennt à bout de la patience ornithologique du promeneur…
Tout cela manque quand même un peu de possibilités, surtout pour un hôtel de cette nature…
Le confort se paye
La chambre n'est pas donnée.
Le prix en réservation à l'avance est de $412,50 (soit 275 euros ou bien encore 1804 francs) la nuit, sans le petit déjeuner, ce qui reflète évidemment le standing de l'hôtel qui se définit comme le « meilleur resort du monde », affirmation à mon sens discutable, le Sofitel Imperial Mauritius étant encore un cran au-dessus au niveau confort mais l'américain étant casanier, la maison ignore sans doute que le monde ne se limite pas aux Amériques.
C'est cher, évidemment, même en tenant compte de ce que le Panama est loin d'être une destination premier prix, et représente par exemple presque le double du Gamboa Rainforest Resort, cinq étoiles au cœur de la forêt équatorial, et encore une bonne moitié de plus que le fort luxueux Crowne Plaza Panama, qui n'est certes pas un « resort » mais un simple hôtel.
Autant dire que j'ai été bien content de ne rien avoir à débourser, le très recommandable programme de fidélité du groupe Priority Club m'ayant permis d'avoir deux nuits gratuites dans cet établissement fort onéreux…
L'Intercontinental Playa Bonita justifie son standing, sinon son terme de
« resort ».
L'établissement est effectivement fort luxueux, et le confort sans histoires des chambres comme la disponibilité du personnel sont au niveau que l'on est en droit d'attendre de ce genre d'établissement, de même que le cadre magnifique et les piscines variées et spectaculaires.
L'intérêt balnéaire du complexe est cependant limité par une eau froide et turbide, loin des côté mer bleue d'azur des destinations de rêve telles les îles de l'océan indien, et la pauvreté des activités proposées est surprenante pour un hôtel de type « resort », c'est-à-dire censé offrit tout ce que le touriste est en droit d'attendre.
L'étape est en tout cas sympathique, du moins lorsque l'on ne regarde pas trop l'addition, mais je pense qu'il vaut mieux y faire un bref passage qu'un long séjour.
Les plusLe luxe est au rendez-vous ..
Les moins... mais la mer est froide .
toubib901 recommande Intercontinental Playa Bonita Resort and Spa ?
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