Lugdunum fut jadis la capitale des Gaules, mais, même si le primat des Gaules est encore le cardinal-archevêque de Lyon, la métropole rhodanienne n'est plus désormais que la seconde ville de France, à part peut-être en football, ce qui ne l'empêche pas de se distinguer parfois, par exemple en organisant une Biennale d'Art Contemporain qui en est déjà à sa neuvième édition, alors que la parisienne Triennale du Grand Palais n'a pour l'instant connu qu'un épisode (la Force de l'Art en 2006), une biennale qui peut donc donner l'occasion à un parisien sain de corps et d'esprit de faire un saut dans cette province.
Le TGV est le moyen de transport le plus rapide, et la gare de Perrache la plus intéressante puisqu'elle est située en plein centre de Lyon, et dès lors il est pratique de trouver un hôtel dans ce coin, tel par exemple l'Ibis Lyon Centre Perrache.
La situation est bonne.
L'hôtel se situe sur une voie pompeusement baptisée cours de Verdun, voie parallèle aux voies de chemin de fer, et sur laquelle se pressent plusieurs hôtels, et des restaurants pas forcément dans le style bouchon lyonnais, par exemple un établissement baptisé le Meknès qui doit proposer de la cuisine de Lyon-Sud vu son nom, mais aussi une Brasserie Georges établie en 1836, et pittoresque dans sa décoration.
L'accès à la gare est rapide, puisqu'en allant de la gare de Perrache à la place Carnot il suffit de prendre un escalator ou un ascenseur sur le côté, pour déboucher à une centaine de mètres de l'hôtel, en sinuant entre les voitures de location garée sur une petite voie où l'on a juste oublié les trottoirs pour piéton, et si cette zone proche de la gare n'est pas très attrayante, la proximité est un atout évident pour le voyageur de passage, ou le weekender faisant un saut à Lyon.
L'hôtel se trouve ainsi à 100 mètres tout au plus de la station de métro Perrache (ligne A), et il est facile d'accéder pedibus à toutes les curiosités de la presqu'île lyonnaise, qu'il s'agisse de la Sucrière, centre névralgique de la Biennale, au Sud, ou au contraire des places Bellecour ou des Terreaux au Nord, sans compter que la place Carnot est carrément juste à côté de l'hôtel…
Le bâtiment a un peu de cachet.
Les Ibis sont souvent des bâtiments récents, construits avec minimalisme, mais ici l'on sent dès la noble façade la construction séculaire de belle allure, et effectivement le grand escalier possède encore des vitraux, chose rare dans ce style d'hôtel, datés de 1916, un escalier quasiment luxueux qui jure avec le vert clinique des portes de l'ascenseur.
Le rez-de-chaussée est consacré sans surprise aux services, et l'on rencontre logiquement la réception à l'entrée, où l'on est accueilli avec efficacité et amabilité, avant de passer devant un petit coin muni d'un poste internet dont l'accès nécessite un code (que je suppose payant), un bar assez largement déserté, et qui propose également de la restauration rapide (plats simples à 59 francs, soit 9 euros), et d'atteindre enfin la salle de petit déjeuner.
La chambre est correcte.
L'on retrouve ici le style sans surprise des hôtels Ibis, murs crépis, moquette indéfinissable, et ce n'est évidemment pas un hôtel de caractère, l'on sent la chambre faite à la chaîne, et déclinée ici comme dans toute l'Europe, mais au moins le mètre carré ne manque pas, ce qui n'est pas toujours le cas de certains hôtels de la chaîne, et l'on ne se sent pas à l'étroit, pas l'impression de se cogner aux murs.
Le lit de 160 cm est entouré de deux tablettes faisant office de table de chevet, et chaque côté dispose d'une lampe de chevet, tandis que le bureau plat est doté d'une lampe et d'une prise de courant, bien pratique pour brancher un ordinateur, mais par contre il n'y a aucun tiroir, ni même de tablette en dessous, heureusement encore que le bureau lui-même est assez large pour poser dossiers ou journaux.
Un meuble ambigu peut servir au choix de banquette ou de pose valise, tandis qu'un coin propose une télévision et une sorte d'armoire ouverte, mais il n'y a pas de kit thé-café, ce qui est regrettable, c'est à ce genre de détail que l'on se rend compte que l'on est dans un hôtel économique, même s'il affiche ***, et qu'Accorhotels gratte sur tous les postes.
La salle de bains offre un lavabo et un vaste plan, ainsi qu'une baignoire, et non une simple douche, par contre il n'y a de base que deux serviettes, et il faut demander à la réception pour en avoir deux de plus, ce qui est un tantinet mesquin. La décoration en faux marbre est assez kitsch, je suppose que c'est censé donner une touche de classe, mais pour le voyageur habitué à des établissements de standing cela plutôt ridicule, voire donnerait l'impression de quelque chose de salle avec des marbrures grisâtres. La maison Ibis fournit savon solide et petit flacon de shampoing, pas plus, mais c'est déjà cela quand on compare à un Holiday Inn Express qui ne donne que du savon liquide en distributeur.
Cette chambre, malgré ses petits défauts, est quand même tout à fait correcte, et l'on y est bien installé, d'autant plus que c'est très calme à part le chauffage/clim un peu sonore quand il s'active, mais pas assez pour réveiller celui qui dort du sommeil du juste …
Le petit déjeuner est un buffet.
Le salé est limité, avec du jambon, sans doute polyphosphaté vu son air aqueux, du comté, agréablement local, et de la tortilla, omelette aux pommes de terre froide, ce n'est certes pas le luxe d'un buffet de ****. Et en plus le jambon se révèle en quantité un peu limité, et disparaît bien vite, au point qu'à 09h00 le dimanche il n'y en avait plus, ce qui pour un petit déjeuner s'achevant à 10h00 est un peu court.
Le sucré est plus vaste, avec viennoiseries (croissants, pains au chocolat) et gâteaux divers (muffins, cakes, pognes - délicieuse spécialité lyonnaise à la praline), yaourts Danone ou 2 Vaches, compote, fromage blanc, crêpes, et bien entendu pain, confitures, Nutella. Il y a aussi quelques fruits, mais vraiment peu, et la corbeille est bien vite réduite à portion congrue, autant dire que si l'on veut profiter d'un fruit frais il vaut mieux être lève-tôt..
Un distributeur délivre café, chocolat ou chaude eau pour le thé, pendant que des carafes permettent de se servir en jus de fruits (orange, pomme, multifruits), et ce sont de vrais jus de fruits, pas de l'immonde façon tang, ce qui est à noter dans ce genre d'hôtel, un bon point de ce côté-là, j'ai déjà vu des établissements plus luxueux donner de moins bons jus de fruits.
L'ensemble est correct, sinon enthousiasmant, et il y a de quoi démarrer la journée bien calé, voire de faire quelques provisions au passage, mais la salle est un peu petite au regard de la taille de l'hôtel, et vite saturée et bruyante, ce qui diminue le plaisir du petit déjeuner…
Les prix sont raisonnables en week-end.
La chambre seule, sans petit déjeuner, peut descendre jusqu'à 256 francs (soit 39 euros) en réservation trente jours à l'avance non modifiable, et au tarif normal elle est à 361 francs (soit 55 euros), hors périodes de salon (sic, mais je ne sais pas quand elles sont, les fameuses périodes de salon).
Il faut ajouter à cela 49,20 francs (soit 7,50 euros) par personne pour le petit déjeuner buffet, autrement dit le prix petit déjeuner inclus est de 354 à 459 francs (soit de 54 à 70 euros) pour une chambre de deux personnes, ce qui est très correct, et en moyenne un peu moins que le Campanile voisin, pourtant plus simple.
Le prix en semaine est en revanche notablement plus élevé, puisque la chambre seule s'affiche alors à 530 francs (soit 81 euros), voire 596 francs (soit 91 euros) en période de salon (dont la définition reste mystérieuse), et ils sont dans ce cas un peu trop élevés en regard des prestations, c'est donc un hôtel que je ne recommanderai qu'en week-end…
L'Ibis Lyon Centre Perrache vaut par sa situation et son prix.
Cet hôtel reste un Ibis, avec quelques uns des défauts récurrents à cette chaîne comme l'absence de kit thé-café et les petites économies parfois mesquines, mais il bénéficie d'une situation très intéressante, à proximité immédiate de la gare de Lyon-Perrache, et donc fort bien placé pour le visiteur de passage, ou le touriste souhaitant découvrir la presqu'île lyonnaise.
Les prix en week-end sont tout à fait raisonnables, et même très intéressants si l'on arrive à dégotter le tarif 30 jours à l'avance (mais là c'est comme les jokers à la SNCF, il y a intérêt à réserver nettement plus d'un mois à l'avance), par contre en semaine je pense que c'est franchement trop cher pour ce que c'est…
Les plusUn hôtel correct, pas cher et bien placé . . .
Les moins . . . dont l'ibissitude se traduit par des détails ratés .
toubib901 recommande Ibis Lyon Centre Perrache ?
Oui
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