Kuching fut jadis la capitale des rajahs blancs, cette dynastie fondée en 1841 par l'aventurier James Brooke, et qui régna pendant un siècle sur le Sarawak, partie particulièrement sauvage du Nord de Bornéo, et la ville garde de cette histoire originale un patrimoine intéressant, en sus d'être la porte d'entrée sur une bonne partie du Sarawak, et constitue ainsi à la fois une destination incontournable en Malaisie et une étape pratique.
Les principaux hôtels se concentrent en moins de deux cents mètres sur le bord de la rivière Sarawak, l'Hilton d'abord, le Crowne Plaza ensuite, et enfin l'Holiday Inn, idéalement placé au bord de la rivière, et c'est dans cet Holiday Inn que j'ai élu domicile lors de mes passages à Kuching.
La situation est assez idéale.
L'hôtel donne sur une place ornée d'une statue très disneyienne de chats, tout simplement parce que la légende veut que James Brooke, découvrant ce qui allait devenir sa capitale, demanda en pointant le lieu son nom, et se vit répondre « kuching », soit chat en malais, par son pilote qui avait cru qu'il l'interrogeait sur un félin situé dans la même direction !
L'hôtel est sur le bord de la rivière Sarawak, ce qui permet à une moitié des chambres d'être « Riverside », et théoriquement un peu plus chères, et il se situe au terme de la promenade du Waterfront, une très plaisante promenade aménagée au bord de la rivière Sarawak, et à quelques centaines de mètres du centre de Kuching, là où subsistent les bâtiments de l'époque des rajahs Brooke.
L'aéroport est à une trentaine de minutes de taxi, compte tenu d'une circulation assez difficile dans Kuching, mais la course forfaitaire est très raisonnable, facturée seulement 17,50 ringgits (soit 25 francs ou 3,81 euros), une somme suffisamment modique pour que j'abandonne volontiers au chauffeur de taxi un pourboire en sus, à son grand étonnement d'ailleurs.
L'extérieur est banal, mais point l'intérieur.
Le bâtiment n'est pas une très grande réussite de l'architecture hôtelière, avec deux ailes rigides de béton blanc cassé, encore un peu plus quelconque que le blanc Hilton, et faisant pâle figure par rapport à son vis-à-vis le Crowne Plaza Riverside aux élégantes vitres bleutées.
L'on échappe en revanche à l'intérieur à l'anonymat habituel de ce genre d'hôtels, avec des décorations de bois ouvragé, et même quelques sculptures inspirés de l'art tribal du Sarawak accrochée au parement de marbre de l'entrée, et la place ne manque pas, le hall est clair grâce à sa large ouverture vitrée et au marbre clair employé.
Le vaste espace central donne d'un côté sur la piscine, et derrière sur la rivière Sarawak, tandis qu'à chaque bout se trouve une batterie de deux ascenseurs, un restaurant, et une ou deux boutiques. Le porteur accueille les visiteurs, prompt à stocker les valises qu'il délivrera ensuite très vite à la chambre, et il est d'ailleurs à noter que l'hôtel peut en cas de besoin conserver un bagage entre deux séjours, par exemple pour ceux qui ne souhaiteraient pas partir avec tous leurs biens dans une expédition dans la jungle ou un bref séjour dans un hôtel du Sarawak.
Le desk est assez long, une bonne dizaine de mètres, il s'y trouve en permanence deux ou trois personnes, promptes à réaliser le check in et le check out avec une efficacité souriante, les formalités sont faites avec une rapidité notoire. Une boîte aux lettres permet d'y poster son courrier, il est à noter que l'hôtel pratique également le change à un taux convenable, une fois n'est pas coutume, et qu'en plus la maison donne volontiers la monnaie d'un billet de cinquante ringgits en billets de dix et cinq ringgits, ce qui dépanne dans ce pays où les petits commerces n'ont pas la monnaie, et où il faut souvent laisser des pourboires.
La chambre standard ne manque pas de style.
Le mobilier est loin de l'anonymat habituel, avec des moulures qui imitent le bambou et des meubles qui s'inspirent des traditions locales, seuls les deux lourds fauteuils et la table de salon qu'ils entourent sont d'une inspiration strictement européenne, pour le reste l'on sent un cachet local, et l'on est loin de l'anonymat de ces hôtels de chaîne où l'on finit par ne plus savoir en se réveillant si l'on est Kuala Lumpur ou Amsterdam.
Les deux lits mesurent chacun leur mètre quarante, ce qui pour une chambre conçue pour deux personnes est fort confortable, et ils se voient adjoindre un chevet central et une table latérale, tandis que le bureau est bien disposé et large, proche d'une prise de courant ce qui est très pratique, à côté du meuble supportant la télé et dissimulant le kit thé-café ainsi que le frigidaire à disposition pour stocker l'eau minérale offerte, ou toute autre provision.
La vaste penderie de l'entrée dissimule un coffre-fort, un fer et une table à repasser, tandis qu'un pose-valise est à côté, une porte communicante est prévue pour relier éventuellement la chambre à sa voisine, par exemple dans le cas de parents voyageant avec leurs enfants, et la climatisation est d'une efficacité sans faille, tandis que l'éclairage est pour une fois bon, éclairant convenablement toutes les parties de la chambre, l'on n'a pas pour une fois l'impression que la lumière a été mégotée.
La salle de bains est classique et de bon ton, une baignoire et un lavabo assorti d'un plan de travail, avec ce qu'il faut de produits fournis gracieusement, savons, shampoing, bain moussant, lotion corporelle et autres babioles. Et en prime l'hôtel prête un tapis de prière, pays musulman oblige, fournit les horaires des cinq prières quotidiennes (que le muezzin de Kampung Boyan, de l'autre côté de la rivière, se charge d'ailleurs de rappeler bruyamment) et propose même une navette gratuite pour la grande prière du vendredi !
Bon, la chambre est de toute façon vaste et de bon aloi, même pour les non-musulmans, et l'on se sent bien ici, confortablement installé dans un confort douillet…
La chambre Deluxe est encore un peu mieux.
Mes excellentes relations avec Holiday Inn, en l'occurrence mon rang Platinum dans leur programme de fidélité Priority Club, m'ont permis d'avoir un surclassement lors d'un de mes passages, et l'on verse là carrément dans le luxe.
Le lit est immense, 2 mètres de large, et d'ailleurs fourni avec trois oreillers, à croire qu'il est prévu pour les bigames, autant dire qu'à deux dans un tel espace, c'est d'un confort sans faille. L'on trouve deux vastes chevets à côté du lit, un meuble bureau (ou coiffeuse) en face, et la télévision, qui malheureusement ne diffuse pas TV5 parmi sa vingtaine de chaînes, voisine avec un vaste pose-valise, permettant d'accueillir une grande et une petite valise.
Un coin bureau/ salon est de plus adjoint côté fenêtre, avec un grand bureau bien éclairé par une lampe dédiée, et intelligemment disposé près d'une prise électrique et de la connexion Internet (malheureusement payante et pas donnée), et à côté de ce bureau et de son fauteuil on trouve une table basse accompagnée de deux autres fauteuils.
L'entrée abrite une penderie, un coffre-fort, un frigidaire, un kit thé-café, un pose-valise pliant (en sus donc du pose-valise fixe) et même table et fer à repasser, tandis que la salle de bains est identiquement confortable à celle de la chambre standard.
La chambre est vaste et claire, fort agréable avec ses décorations discrètes et de bon goût, l'on s'y sent bien, dans une atmosphère sereinement luxueuse.
La Junior Suite est encore un cran au-dessus.
La qualité déjà évoquée de mes relations avec Holiday Inn, et la récurrence de mes passages à Kuching m'ont valu un double surclassement lors de mon 3ème séjour en une semaine, et donc d'accéder à la suite junior.
Le style est un peu celui de la chambre de base, avec un élégant usage du bambou et des tissus locaux, mais l'espace est notablement plus grand, et la surface correspond quasiment à celle d'une suite classique, la seule différence étant l'absence de séparation physique entre la partie Chambre et la partie Salon.
Le côté Chambre comprend un lit King Size d'un mètre quatre-vingt entouré de deux grands chevets, une coiffeuse, un porte-valise et une penderie abritant coffre-fort et table à repasser, mais aussi deux peignoirs de bains et deux robes de chambre, ainsi bien évidemment que deux paires de pantoufles. La séparation d'avec le côté salon est assurée par le meuble télé, dans lequel la télévision peut être positionnée d'un côté ou de l'autre, et le bureau, judicieusement placé à côté d'une prise électrique, ce qui permet par exemple d'alimenter un portable (sous réserve d'avoir l'adaptateur ad hoc, les prises malaises étant différentes des françaises) - il y aussi la connexion internet réglementaire, mais chère, là encore.
Le côté salon est fort vaste, avec un salon proprement dit, une table entouré d'un canapé et de deux fauteuils, et également une sorte de salle à manger, avec une table ronde de verre entourée de quatre fauteuils de rotin, autant dire qu'à deux là-dedans, l'on ne se marche pas dessus ! Il y a bien évidemment le kit thé-café de rigueur et un frigidaire à disposition, et également deux bouteilles de 0,5 d'eau minérale offerte, pratique courante mais sympathique dans les pays dont l'eau n'est pas potable.
La salle de bains n'est pas anormalement luxueuse, mais l'assortiment de produits de bain est encore plus riche que dans la chambre Deluxe, et l'ensemble de la chambre est élégant et de bon goût, l'appellation Suite Junior est presque modeste au regard de l'espace disponible ici…
L'hôtel dispose de plusieurs restaurants et bar.
Le Serapi était réquisitionné pour une réception lors de mon passage, donc je n'ai pu voir à quoi il ressemblait, tandis que le Meisan est un restaurant chinois aux tarifs fort élevés, d'un cadre luxueux en rapport avec les prix, et du coup je l'ai zappé.
L'Orchid Garden offre un compromis intéressant en proposant au choix un buffet pour environ 45 ringgits (soit 65 francs ou 10 euros) (+ 15 % de service et taxes) ou un service à la carte, avec des plats principaux entre 15 et 25 ringgits (entre 21 et 35 francs, ou entre 3,30 et 5,50 euros) (+ 15 % de service et taxes), et pour ce qui est de la carte, ce que l'on y mange est succulent, avec de plus un service d'une impressionnante efficacité, moins de trois quarts d'heure pour une soupe et un plat principal, et une addition apportée en moins de deux minutes lorsqu'elle fut demandée.
Le Rajang Lobby Lounge est un bar cosy et feutré, avec des fauteuils profonds et confortables, dans lequel les heureux membres du Priority Club d'Holiday Inn auront droit à une boisson simple (bière, soft drink ou thé/café) offerte entre 19h00 et 20h00 (ou même plusieurs en cas de soif), ce fut pour moi un petit jus de mangue bien agréable après une journée de visite sous le climat torride du Sarawak - l'hôtel chouchoute d'ailleurs les membres du Priority Club, puisqu'il offre également une autre boisson gratuite aux membres Platinum, et organise parfois un cocktails pour ses clients fidèles.
Enfin il existe un petit quelque chose à côté de la piscine, comme souvent dans les hôtels disposant d'une piscine extérieure, en l'occurrence en terrasse au-dessus de la rivière Sarawak, mais je ne suis pas allé voir à quoi il ressemblait.
Le prix est une affaire.
La chambre sans petit déjeuner coûte seulement 179,40 ringgits en cas de réservation à l'avance, soit 256,50 francs ou bien encore 39,10 euros, et, même si l'on tient compte de l'absence de petit déjeuner dans ce tarif, c'est une belle affaire pour un hôtel de ce confort, excellemment situé dans une ville intéressante autant en elle-même que par les destinations vers lesquelles elle permet de rayonner, puisque que Kuching est la porte d'entrée du Sarawak, desservie par un aéroport international.
Les chambres Riverview sont théoriquement un peu plus cher, mais le surclassement est visiblement automatique dès que l'on est membre du programme de fidélité maison, les Deluxe et Junior Suite sont probablement franchement au-dessus dans la tarification, c'est le genre de chambre que l'on apprécie quand on est surclassé, un peu comme les classes Affaires en Avion.
En tout état de cause même la chambre de base est fort confortable, et à ce prix là, qui n'est même pas celui de certains Ibis en France, elle constitue un excellent rapport qualité-prix…
L'Holiday Inn Kuching est une excellente adresse.
Cet hôtel excellemment situé offre un confort sans rapport avec son prix, et constitue certainement le meilleur rapport qualité-prix de la ville, il constitue une excellente base pour des promenades dans la ville comme pour des excursions au Sarawak, et permet de profiter du charme discret de la climatisation si bienvenu en ce climat très tropical du Sarawak, le tout pour un tarif dérisoire.
L'étape de Kuching étant de plus absolument incontournable au Sarawak, à la fois pour l'intérêt de la ville et pour la base de départ qu'elle constitue, cet hôtel est d'autant plus adéquat comme étape dans un voyage dans le Bornéo malais…
Les plusUn hôtel idéalement placé, confortable et pas cher . . .
Les moins . . . dont le bâtiment est assez quelconque extérieurement .
toubib901 recommande Holiday Inn Kuching ?
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