Vienne fut capitale impériale à l'époque où les Habsbourg régnaient sur un empire austro-hongrois, elle n'est plus aujourd'hui que la capitale d'une république autrichienne nettement plus modeste, un revers de fortune qui en fait une capitale à taille humaine, aux curiosités touristiques concentrées à l'intérieur du Ring, cette ceinture de boulevards qui a remplacé depuis longtemps des remparts devenus obsolètes.
Les meilleurs hôtels se trouvent dans les environs immédiats du Ring, où se succèdent Intercontinental, Radisson et autres Mercure, à des tarifs qui reflètent le standing jadis impérial de la ville, mais en s'excentrant un peu, tout en restant dans des distances pédestres pour ceux qui sont en bonne forme, l'addition peut significativement chuter.
J'ai ainsi testé le Ibis Wien Mariahilf…
L'hôtel est un peu excentré, et d'architecture impersonnelle.
L'immense bâtiment avec ses treize étages rougeâtres n'est certainement pas un fleuron de l'architecture viennoise, il témoigne plus d'un souci de fonctionnalisme que d'esthétisme, le bloc carré large de la base correspondant aux espaces communs (lobby, restaurant, salles de réunion) et la tour qui s'en élève aux chambres, plusieurs centaines réparties sur les fameux treize étages.
L'hôtel se situe au niveau de la Gürtel (ceinture), cette succession d'avenues qui fait le tour de la ville sur le tracé jadis des fortifications extérieures, cette seconde enceinte est à environ deux kilomètres du Ring, la série de boulevards qui marque la limite entre la vieille ville et les constructions nouvelles du XIXème siècle.
Les bons marcheurs pourront sans difficulté faire ce trajet à pied, en suivant la Mariahilferstrasse, rue commerçante qui conserve encore quelques belles façades pas complètement dissimulées par la prolifération d'enseignes lumineuses, la balade est agréable pour peu qu'il ne fasse pas mauvais, et donne l'occasion de passer devant l'église de Mariahilf, lieu de pèlerinage qui donna son nom au quartier et curiosité touristique intéressante bien que peu connue.
Il est également extrêmement aisé de prendre les transports en commun, la station de métro Westbanhof se situe à deux cent mètres de l'hôtel, et il ne suffit que de quelques stations pour être en plein centre ville, autant dire que l'excentrement de l'hôtel est vite oublié devant la facilité de la liaison en transports en commun, trois stations seulement jusqu'à Volkstheater à côté du Museumsquartier et cinq jusqu'à Stefansplatz au pied de la Cathédrale.
La liaison vers l'aéroport est simple également, les plus pressés prendront un taxi pour environ 230 francs (soit 35 euros), les autres pourront profiter de la ligne de bus spéciale depuis la gare de Westbahnof, qui assure le trajet toutes les demi-heures (départ aux heures et demi-heures de 05h00 à 23h00) pour un prix tout à fait modique de 39,36 francs (soit 6 euros) par personne.
L'accueil est efficace.
La réception est située dans un lobby classique, avec un petit coin repos surtout utilisé par les groupes en partance et une boutique souvenir qui propose des souvenirs assez classiques et pas forcément transcendants, mais cela dépanne si on est manque de cartes postales ou de timbres.
Le desk n'est jamais désert, de une à trois personnes sont prêtes à répondre aux clients suivant les heures, ce qui assure un accueil rapide, il n'y a jamais de file d'attente à proprement parler, et le check in comme le check out sont traités avec professionnalisme, sans chaleur excessive non plus, une légère froideur rançon de l'usine que peut être un tel hôtel.
Le personnel est également disponible pour répondre à des renseignements, et le fait avec efficacité, il n'y a pas à se plaindre, tout cela est prog, et les deux coprésidents historiques d'Accor Hotels dont la photographie trône comme celle d'un chef d'état peuvent être satisfaits de leurs ouailles, le personnel est bien formé.
La chambre est très correcte.
Il y a du mètre carré, l'on n'a pas chipoté l'espace, l'on se sent bien dans cette chambre plutôt vaste, le grand lit est accompagné de deux chevets, et le matelas s'en avère tout à fait confortable, de quoi assurer un sommeil réparateur ou d'autres exercices amusants.
Le bureau et les deux chaises permettent de faire son courrier, et il est assez large pour que les deux occupants de la chambre puissent l'utiliser simultanément, c'est bien pensé de ce point de vue. La télévision propose de nombreuses chaînes dont la francophone TV5, un petit rangement, une armoire et une banquette pose-valises complètent le tableau, ce n'est pas le grand luxe mais il y a tout ce qu'il faut.
La salle de bain est simple mais correcte, une douche très efficace, lavabo et commodités, je regrette simplement que l'on ne donne que du savon liquide en distributeur, pas de petit savonnette, idem pour le shampoing, pas de petit flacon à emporter, c'est à ce genre de petits détails que l'on voit que l'on est dans un deux étoiles seulement et point dans un établissement plus luxueux.
La chambre est en tout cas très satisfaisante, même si elle est légèrement bruyante, le double vitrage n'empêche pas un certain bruit sourd de circulation émanant de la très fréquentée Gürtel en contrebas, douze étages plus bas, et la porte sur le couloir n'est pas assez calfeutrée pour que l'on ne soit pas averti de certains passages de voyageurs sans gêne, parlant à tue-tête à des heures fort matinales.
Le buffet est de très bon aloi.
Le côté chaud est limité, avec des œufs brouillés un peu compacts et des saucissettes de Francfort assez quelconques, mais l'abondance de charcuterie est bien agréable, avec en particulier un jambon de montagne autrichien succulent, et l'on trouve également quelques fromages, pseudo-vache qui rit ou pâtes à tartiner style Boursin, sans compter tomates frâiches et cornichons géants.
Le côté sucré propose quelques viennoiseries, en particulier des brioches aux raisins sympathiques, des fruits, du yaourt et des fruits au sirop, ainsi bien évidemment que pain et confiture, et pour ce qui est boissons, quelques jus de fruits et le panorama des boissons chaudes classiques, café, thé et chocolat.
Tout cela est plutôt bon, le buffet est constamment réapprovisionné, et il y a là de quoi se nourrir pour la matinée, voire plus pourvu que l'on ait de grandes poches pour emmener deux ou trois bricoles, et pour un hôtel de cette gamme c'est même très bien, l'on aurait pu s'attendre à moins abondant.
Les salles sont assez agréables, plutôt qu'une grande salle on a préféré une série de petites salles, ce qui casse l'impression d'usine que pourrait donner un petit déjeuner destiné aux nombreux hôtes du lieu, et elles ne sont qu'à moitié en sous-sol, ce qui permet de recevoir la lumière du jour par les baies vitrées de la partie supérieure, cela évite l'impression de bunker de certaines salles aveugles dans d'autres hôtels, l'espace a été utilisé au mieux.
Le prix est raisonnable.
Le plein tarif est certes un peu élevé, variant pour une chambre entre 545 francs (soit 83 euros) et 616 francs (soit 94 euros) suivant la saison, mais en bénéficiant d'une promotion liée à la réservation à l'avance le prix tombe jusqu'à 315 francs (soit 48 euros), ce qui pour une capitale européenne est extrêmement peu, même en tenant compte du léger excentrement de cet Ibis et du fait que ce n'est par définition pas un hôtel haut de gamme.
Il faut y rajouter aussi le coût des petits déjeuner, 59 francs (soit 9 euros) par personne et par petit déjeuner, ce qui là non plus n'est pas excessif pour un petit déjeuner de type buffet, et cet hôtel se signale ainsi par la modicité de ses tarifs, puisqu'à 433 francs (soit 66 euros) la chambre pour deux petit déjeuner inclus l'on est là dans le pas cher pour une ville européenne de cette taille, d'autant plus qu'avec un peu de chance certains petits déjeuners seront oubliés dans le décompte final…
L'Ibis Wien Mariahilf vaut pour son rapport qualité-prix.
Cet hôtel offre le confort nécessaire à défaut d'être luxueux, et sa chambre est suffisamment vaste pour que l'on s'y sente à l'aise, en un endroit certes un peu excentré, mais très bien relié au centre-ville ce qui compense aisément cette distance supplémentaire.
Le prix modique et l'abondant buffet du petit déjeuner achèvent d'en faire une adresse recommandable, à ce prix là il est rare de trouver aussi bien dans une capitale européenne…
Les plusUn hôtel bon marché et de bon aloi . . .
Les moins . . mais un peu excentré quand même .
toubib901 recommande Ibis Wien Mariahilf ?
Oui
Non