La Croatie ne fut longtemps qu'une province, successivement de l'Empire austro-hongrois et de la Yougoslavie, et Zagreb n'était donc qu'une ville secondaire.
Il fallut attendre l'éclatement de la Yougoslavie dans la dernière décennie du siècle dernier pour que la Croatie devienne un état indépendant, si l'on excepte la parenthèse du régime oustachi pro-nazi (1941-44), pudiquement passé sous silence par des croates pourtant prompts à évoquer leur histoire pour légitimer leur nouvelle indépendance.
L'offre hôtelière n'y est donc guère développée, sans doute en raison de la fraîcheur de ce nouveau statut, et si Zagreb se vante d'héberger une centaine de représentations diplomatiques, elle ne compte pas beaucoup d'hôtels.
Au milieu de ce quasi désert, le Sheraton Zagreb offre un hébergement confortable à l'honnête touriste ou au voyageur d'affaires.
L'hôtel est bien situé.
Il est dans Donji Grad, la ville basse, extension due à l'empire austro-hongrois, qui a fait sortir la ville de ses deux collines initiales (Gradec et Kaptol).
Il suffit de faire 400 mètres pour se retrouver sur la place Strossmayer, du nom d'un évêque et mécène, qui fit don à la Croatie d'une belle collection de tableaux, et comme cette place est au centre d'une véritable coulée verte, alignement de trois belles places jardinées qui marque le centre de cette partie de la ville, la situation est excellente.
Le bâtiment lui-même est moderne, très récent, mais respecte le volume des bâtiments voisins, et ne choque donc pas, la façade de marbre et de verre se termine élégamment par un joli surplomb.
L'accueil est efficace.
Le vaste hall laisse sur la gauche le restaurant Fontana, où se tient le petit déjeûner, et le "desk" de la réception est sur la gauche.
Au minimum deux personnes y siègent en permanence, ce qui garantit une disponibilité immédiate, devant une toile décorative du peintre naïf croate Ivan Rabuzin, une petite touche locale de bon aloi dans un hôtel impersonnel.
Le check-in, comme plus tard le check-out, sont promptement traités, et bien entendu le porteur se tient prêt si besoin à porter vos bagages.
La chambre est impeccable.
Le vaste lit est à l'aise dans l'espace disponible, c'est le genre de lit où l'on doit pouvoir se retourner sans gêner sa compagne de lit. Bon, j'ai quand même un reproche, il y a comme deux creux sur les côtés et une bosse au centre, ce qui démontre que le matelas mériterait changement, et accessoirement que les couples précédents occupants laissent majoritairement un bon espace entre leurs corps.
Une table, un canapé, une chaise, un bureau et un porte-valise fixe complètent l'ameublement, côté équipement, l'on note le kit thé/café, la télé, le minibar et même une planche pour les vêtements. C'est complet, et cela respire l'opulence bourgeoise, mais les recharges pour le kit thé/café sont payantes (seul le premier panier de munitions est gratuit), ce qui à ce niveau de gamme est un peu mesquin.
La salle de bains respire la modernité, toute de blanc vêtue, et offre la probité candide de sa vaste baignoire, et d'un lavabo. La plomberie est impeccable, avec une température aqueuse facilement maîtrisable, ce qui est plutôt rare en ces terres croates qui ne sont guère le royaume de la plomberie.
Enfin un étage spécial "Starwood Preferred Guest" (le programme de fidélité de la chaîne), destiné aux bons clients de la chaîne, se signale uniquement par l'adjonction d'un peignoir de bain, merci M. Sheraton, c'est trop, dans le genre je chouchoute mes bons clients, c'est un peu léger à mon sens, et tant qu'à faire dans le peignoir, ils pourraient peut-être en mettre un deuxième, pour une chambre potentiellement destinée à deux personnes ?
Le petit déjeûner est dantesque.
Le buffet est abondamment garni, en produits en tout genre.
Côté buffet chaud, les saucisses et autres bacons sont accompagnés de tomates nappées de fromage grâtiné, et les pommes de terre sont proposées en rösti, un accommodement nettement plus goûteux que les traditionnelles pommes sautées.
Côté buffet froid, c'est un déluge de viennoiseries et pains, complétés de fruits, charcuterie, fromage, céréales, yaourts, et je dois en oublier.
Le tout est animé par un préposé aux oeufs, prompt à faire une omelette sur mesure, et un chargé du jambon, découpant à volonté un monstrueux jambon à l'os.
Les produits sont de belle qualité, et l'on en sort repu, prêt à attaquer une longue journée !
Le prix est raisonnable.
La chambre, si du moins l'on profite des tarifs disponibles sur Internet, est facturée 945 FF (soit 145 euros), avec le petit déjeûner durant le week-end et sans durant en semaine.
La réussite touristique de la Croatie fait que les hôtels côtiers d'Istrie facturent entre 413 FF et 774 FF (soit de 63 à 118 euros), pour des prestations notoirement inférieures.
Le prix du Sheraton n'est certes pas donné donné, mais rapporté à son standing et à sa situation, il me paraît tout à fait honnête, surtout au vu du paysage hôtelier croate.
Voilà un hôtel sans histoires.
Le voyageur y trouve le confort climatisé d'une chaîne hôtelière de bon niveau, et l'emplacement de l'hôtel est bien pratique.
Le prix n'est certes pas un prix d'appel, mais c'est la rançon de la qualité, et fort raisonnable au vu de la valse des étiquettes de certains hôtels croates bien plus modestes.
Une adresse de bon aloi...
Les plusConfortable et bien situé . . .
Les moins. . . sans être très bon marché .
toubib901 recommande Sheraton Zagreb Hotel ?
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