
Vous trouverez dans le guide tourisme Guadeloupe
La Guadeloupe est multiple. Il est plus juste de parler des îles de la Guadeloupe, les deux ailes du papillon, Basse-Terre et Grande-Terre, encadrant la Désirade, Marie-Galante et les Saintes. Ajoutons Saint-Barthélémy et Saint-Martin au Nord de l'arc antillais pour compléter un archipel à géométrie variable. A chaque île sa particularité, à toutes une belle authenticité qui résiste aux clichés : les plages sont parfaites pour le farniente et les activités nautiques, l'eau est tiède toute l'année, les cocotiers ondulent sous le souffle chaud des alizés, et la culture créole invite à la fête. Tout cela est vrai, mais aux images de carte postale et de grande cabine de bronzage se superposent celles d'une nature luxuriante, offerte, aux allures de paradis originel.
Climat
La douceur des températures autorise le tourisme toute l'année. Le calendrier est néanmoins scindé en deux, entre la saison sèche de décembre à avril et la saison humide sur la seconde période. Les mois les plus chauds sont juillet et août, et portent en plus le risque accru d'ouragans. Attendez fin novembre pour être débarrassé de cette calamité potentielle. Les tarifs sont plus abordables entre mai et novembre, mais les aléas climatiques réduisent vos chances de frôler la perfection.
Basse-terre
A contre-pied de ce qui se fait habituellement pour une île tropicale, commençons par l'écotourisme. L'aile gauche du papillon est dominée par les 1 467m
de la Soufrière, volcan que les locaux surnomment affectueusement la "vieille dame". Le toit de la Guadeloupe est très souvent embrumé et constitue un des endroits les plus arrosés du globe. Son ascension est une valeur sûre du tourisme vert : depuis l'unique route au départ de Saint-Claude, 12 km de lacets zigzagant au coeur de la forêt pluviale. Le point de rendez-vous des randonneurs se situe plus haut à 943m à la Savane à Mulets au pied du dôme volcanique. Vous entrez dans un paysage lunaire : les cicatrices laissent échapper des fumerolles à l'odeur d'oeuf pourri, les mousses aux couleurs franches égayent le sentier balisé, les aiguillent de lave rendent la terre agressive et le cratère fume ses volutes blanches. Par beau temps l'horizon dégagé porte jusqu'aux Saintes et à la Dominique.
Le Parc National de la Guadeloupe inclut le site de la Soufrière. Il offre bien d'autres randonnées qu'on nomme "traces" en Guadeloupe. Ces traces sont souvent très anciennes, dessinées par les populations locales pour faciliter le déplacement généralement en suivant les lignes de crêtes. Elles nous permettent aujourd'hui de découvrir une nature exceptionnelle, et la richesse intacte de la forêt tropicale humide.
La Guadeloupe fait partie des 25 zones affichant un taux de biodiversité parmi les plus élevés au monde. Espèces végétales et animales dont certaines ont malheureusement disparues s'épanouissent dans un habitat naturel unique que les 23 sentiers de randonnée permettent de contempler. Vous trouverez tous les itinéraires détaillés sur le site officiel du parc (http://guadeloupe-parcnational.com/?Itineraires-de-randonnee). La route de la Traversée, seule route qui traverse Basse-Terre de part en part, vous offre un parcours aisé au coeur du parc national et vous donne accès à plusieurs sites gratuits.
Crapahuter dans les hauts ne doit pas vous priver des délices du rivage. Si la réputation balnéaire de la Guadeloupe est focalisée sur Grande-Terre, Basse-Terre a des atouts aussi convaincants. Moins fréquentées et à tort moins réputées, les plages de Basse-Terre, sous le vent, sont une très belle surprise. Les amateurs de fonds marins seront comblés (réserve Cousteau à l'Îlet Pigeon, sites remarquables à Deshaies, Pointe Noire et Sainte-Rose). La côte du Lamentin à Sainte-Rose déroule un ruban plissé : baies, caps, anses et pointes se succèdent entrelardant des plages peu fréquentées.
Au pied du volcan, le chef-lieu Basse-Terre est une ville d'art et d'histoire qui mérite la visite : fort Delgrès, maisons coloniales, ponts de pierre de la rivière aux Herbes, cathédrale, vieux quartier du Carmel, jardin botanique, marché odorant et coloré du front de mer.
Grande-Terre
La Guadeloupe est un papillon avec deux ailes bien distinctes. La Rivière-Salée, le petit bras de mer qui les sépare, est la césure naturelle de ces deux mondes. Autant Basse-Terre est tout en relief, autant Grande-terre offre un horizon plat propice à la culture de la canne à sucre. L'île vaut essentiellement pour ses plages : celles du Sud, Sainte-Anne et Saint-François en chefs de fille, sont une ode au farniente et aux activités nautiques. Le Gosier est la grande destination guadeloupéenne pour les amateurs de plongée, mais aussi pour les noctambules de passage. Pour une mer plus agitée, il faut passer la Pointe-des-Châteaux à Saint-François et remonter vers l'Est : Le Moule, ancienne capitale coloniale, est un spot prisé des surfeurs qui ne dédaignent pas goûter à la grande spécialité locale, le rhum.
L'unique usine sucrière est implantée au Moule (unité Gardel), une visite s'impose pour comprendre la transformation du jus de canne en sucre, une autre à la distillerie de Bellevue pour aller au bout du processus. Au Nord de l'île, Anse-Bertrand capte l'œil pour ses magnifiques sites naturels (trou du souffleur, falaises de la Grande Vigie, trou de madame Coco). Pointe-à-Pitre, centre de la vie économique guadeloupéenne, est située à la croisée des deux ailes. Plusieurs fois détruite par les outrages naturels (tremblement de terre, cyclones), les incendies et les soubresauts de l'histoire, Pointe-à-Pitre s'est développée avec opiniâtreté sur des terres marécageuses. Quelques bâtiments coloniaux ont résisté, mais le centre historique offre une image très hétéroclite où le béton côtoie sans vergogne les vieilles maisons typiques. L'agglomération de Pointe-à-Pitre concentre 65% de la population guadeloupéenne.
A 15 km de Pointe-à-Pitre, Morne-à-l'Eau mérite un œil curieux pour son cimetière : sur les flancs d'un amphithéâtre naturel, 1 800 tombes monumentales décorées de carrelage en damier noir et blanc, une originalité conceptuelle qu'on n'explique pas. Peut-être l'alliance du noir et du blanc, couleurs de deuil pour les uns et les autres (le blanc en Afrique, le noir en Europe). A la Toussaint, c'est la fête au cimetière : les familles se recueillent dans ce grand échiquier illuminé par des centaines de bougies et partagent un repas simple, sorte de pique-nique pour conjurer la mort.
La Désirade
Au large de la Pointe-des-Châteaux, la bien nommée Désirade ! Quel joli nom pour une bandelette de terre (11km par 2km) où la vie paisible semble être le leitmotiv de ces 1 700 habitants. Si votre crédo est de ne rien faire ou plutôt de vivre simplement au cœur d'une nature inchangée, la Désirade est le lieu parfait. Rien ne vient troubler la quiétude de celle qui fut la première terre découverte lors de la deuxième traversée de Christophe Colomb.
La Désirade qui fut pourtant le bout du voyage pour certains : les lépreux de Guadeloupe qu'il fallait isoler et les jeunes de métropole dont le comportement entachait l'honneur et la tranquillité des familles. Leurs descendants peuplent l'île. Seule la partie Sud est habitée : plages de sable blanc et eau turquoise protégées par un récif corallien. La côte Nord, rocailleuse, s'ouvre sur une mer houleuse. L'unique route longe le rivage Sud (à faire en scooter ou à vélo). A la pointe Est à la hauteur du phare, les troupeaux de chèvres animent un paysage aux faux airs de Bretagne.
Les plus dynamiques feront le tour de l'île, 5h de marche facile pour découvrir un autre bout du monde. L'île n'a pas d'hôtel de luxe, pas de casino ni de boîte de nuit, la seule activité locale est la pêche : 60% des poissons consommés en Guadeloupe proviennent de l'île. Les ferrys pour la Désirade partent de Saint-François (45mn de traversée), de Sainte-Anne et même de Pointe-à-Pitre.
Marie-Galante
La Grande Galette porte en étendard son authenticité, son charme pittoresque et sa douceur de vivre réveillée d'un ti-punch. Territoire de la canne à sucre, l'île offre sa rondeur et sa platitude hérissée de dizaines de vieux moulins. On y arrive par bateau (45mn) ou par avion (15mn) depuis Pointe-à-Pitre. Le calendrier culturel est rythmé par les concours de bœufs tirants (entre juin et février), les combats de coqs (tous les dimanches, de décembre à juin) et les traditionnels bals de quadrille. L'information essentielle réside ailleurs : Marie-Galante produit le meilleur rhum du monde, le rhum blanc agricole. Un avis subjectif partagé par les trois domaines de l'île, Bellevue, Bielle et Poisson, qui distillent un rhum maintes fois récompensé. Le rhum est l'argument culturel imparable : 65% de la production de l'archipel est consommé sur place.
Les Saintes
9 îles composent les Saintes, deux sont habitées, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas. Avec les 7 îlets satellites, elles seront le théâtre de nombreuses batailles navales entre les deux puissances coloniales rivales, le Royaume-Uni et la France. La plus connue, la bataille des Saintes du 12 avril 1782, laissera un goût amer pour la flotte française et inaugurera 20 années de domination anglaise. Les Saintes et la Guadeloupe redeviendront françaises en 1814 en échange de 24 millions de francs payés à la Suède alors alliée des Anglais.
La vocation touristique des Saintes est née dans les années 60 avec le développement des croisières de luxe et de la plaisance. Le tableau incite au "cabotage", les plages et les mornes de l'archipel composent des paysages admirables qu'une politique environnementale préserve depuis une vingtaine d'années.
Terre-de-Bas invite au tourisme vert avec ses deux traces (trace de l'Etang et trace des Falaises) : elles magnifient une végétation luxuriante et un littoral paradisiaque. Terre-de-Haut est plus fréquentée, dominée par le Fort Napoléon. La baie du Pain de Sucre avec sa plage lovée au creux des deux mornes est une image incomparable ; elle fait partie du Club très fermé des plus belles baies du monde.
Saint-Barthélémy et Saint-Martin
Saint-Barthélémy et Saint-Martin sont des collectivités d'outre-mer et font toutes deux partie du département de la Guadeloupe. Saint-Barthélémy est
éloignée d'environ 230km au Nord-Ouest de la Guadeloupe, Saint-Martin se situe à 25 km plus au Nord. Toutes deux vivent du tourisme de luxe et développent depuis longtemps une image de paradis pour milliardaires. Saint-Martin a une double identité : la partie Nord est française, la partie Sud néerlandaise (St Maarten). Cette singularité fait de Saint-Martin le plus petit territoire séparé en deux états. Pays-Bas et France étant deux pays européens de la zone euro, il n'existe aucune frontière physique entre les zones, personnes et biens peuvent circuler librement. A savoir : les casinos se trouvent uniquement dans la partie hollandaise.
L'orientation élitiste de ces îles n'est pas simulée : leur étroitesse limite l'affluence touristique, la relative promiscuité se fait entre gens du même monde, entre les hôtels et les villas de prestige, les boutiques de luxe, les yachts chromés et les restaurants gastronomiques. Saint Barth' se qualifie de tête de pont de la gastronomie française dans les Antilles.
Ces deux confettis dans l'arc antillais ont l'avantage de constituer les points les plus avancés des côtes américaines, une proximité qui draine une importante clientèle nord-américaine.
Hébergement/Gastronomie
Laissons de côté le faste tropical des hôtels luxueux de Saint-Barth' et Saint-Martin. Les grosses structures hôtelières de Basse-terre qui ont malheureusement terni l'image touristique de la Guadeloupe sont désavouées au profit de petits établissements de charme, plus authentiques, plus respectueux de l'environnement, où l'accueil n'est pas une simple vision de l'esprit. La mouvance écolo fait une belle place aux gîtes dont la gamme étendue comblera les exigences de chacun.
L'écotourisme est devenu la grande affaire de la Guadeloupe : le site http://www.guadeloupe-ecotourisme.fr/ vous livre un panorama complet du patrimoine naturel et des activités liées, de même qu'une liste exhaustive des hébergements écolo-responsables. Pour les locations chez les particuliers, le site http://www.guadeloupe-vacances.fr vous aidera à trouver le studio ou la villa de vos prochaines vacances.
fait pas l’ombre d’un doute.
Infos flash
- langue : français, mais surtout créole
- monnaie : euro, vous êtes en France
- décalage horaire : -6h en été, -5h en hiver avec Paris
- formalité d'entrée : carte d'identité ou passeport valide pour les ressortissants de l'UE, passeport valide pour les autres (visas pour certains pays)
- santé : aucun problème ; eau du robinet potable
5 bonnes raisons d'aller en Guadeloupe :
- les multiples facettes de l'archipel
- la croisière inter-îles
- Basse-Terre pour la combinaison tourisme vert et tourisme balnéaire
- les rivages isolés de la Désirade
- le chapelet des Saintes
A lire ou relire
- "Desirada" de Maryse Condé (éditions Laffont, 1997), l'errance d'une femme entre La Désirade et la France, et sa recherche de la vérité familiale
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