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Rome

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Photo_Rome_Piazza_Navona_1Il est des lieux qui portent l'humain vers le haut et que chacun devrait pouvoir admirer un jour dans sa vie. Même si un jour, une vie entière ne suffit pas pour découvrir une cité qui a bâti les fondements de la civilisation occidentale. L'emphase n'est pas excessive pour parler de Rome, cité éternelle et musée à ciel ouvert qui ôte toute banalité à la moindre promenade. Rome n'est pas une courtisane qui donne à voir ses bijoux les plus brillants, elle cache sa noblesse dans les cours des palais, dans les églises fraîches et les ruelles mystérieuses. Chaque pierre semble antique et raconte un morceau de notre humanité. Rome est une magistrale et envoûtante leçon d'histoire, un hymne à l'excès et un grand moment de dolce vita.


Quelle gageure de vouloir en une page recenser les richesses de Rome ! On ne relèvera pas le défi pour ne pas déprécier l'ancienne capitale du monde, Caput Mundi, et son centre historique, classé patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. On a choisi de ceindre son histoire en 3 périodes pour faciliter l'approche sans tomber dans l'écueil d'en mettre trop, quand bien même à Rome trop n'est jamais assez. D'après une citation plus célèbre que son inventeur (un obscur poète italien de la Renaissance, Marcello Stellato), Rome ne s'est pas faite en un jour : alors prenez votre temps, la seule punition qu'on vous souhaite est d'y retourner autant de fois que l'envie vous taraude.


ROME ANTIQUE

 

La légende attribue une origine divine à Rome, par son fondateur Romulus descendant du Dieu Mars et d'une vestale qui aurait du rester vierge. Les Anciens Photo_Rome_Castello_della_Guaitase plaisaient à vouloir mêler les Dieux aux affaires humaines pour donner plus de majesté à cette ville. Aucune preuve ne vient étayer la thèse de deux jumeaux, Romulus et Rémus, nourris par une louve dans une grotte au pied du mont Palatin. En 2007, les archéologues italiens ont toutefois découvert une grotte où étaient célébrées les Lupercales, fêtes en l'honneur du Dieu des troupeaux qui défendait les animaux contre les loups (d'où le nom). Le lien avec les jumeaux et la louve a vite été fait, sans grande conviction, mais la légende de la fondation de Rome est sauve.

 

Que Romulus ait tué son frère par erreur avec la brouette qui lui servait à marquer les fondations de la ville éternelle, on ne le prouvera jamais. Ce qui est historiquement avéré est l'emplacement de la cité originelle, sur le mont Palatin, une colline carrée parmi les 7 ou 8 qui entourent Rome. On est au 8ème siècle avant JC et les étrusques sont les maîtres des lieux. Ils vont développer la cité romaine et lui  donneront  7 rois dont Romulus. Leur déclin coïncide avec l'arrivée des Grecs dont la civilisation plus évoluée va progressivement s'imposer aux Romains. Rome entame ensuite une période de domination sur tout le monde occidental par des conquêtes militaires jusqu'au 5ème siècle après JC : Rome est une ville qui devient un empire, l'Empire romain qui façonne à jamais l'image de la civilisation occidentale. Après Athènes, bien évidemment. Politique, constitution, lois, art, architecture, littérature, technologie et langues, son legs a l'humanité entière est incommensurable.

 

Les vestiges datant de la période antique sont quasiment incalculables, Rome à l'inverse des grandes capitales européennes a moins souffert des deux derniers conflits mondiaux. Les outrages du temps et le chaos de sa chute ont fait plus de ravages que les guerres successives.

Photo_Rome_Piazza_NavonaForum Romanum : centre historique de la fondation de Rome autour duquel s'articulait toute la vie commerçante, publique et politique. Entouré de bâtiments publics et sacrés, l'espace central était constitué d'une vaste tribune d'où les tribuns venaient haranguer les foules, à l'exemple de l'agora grecque. Le forum est partagé par la Via Sacra qui monte jusqu'au temple de Jupiter sur la colline du Capitole. Le forum n'a cessé de s'étendre jusqu'aux règnes de Jules César et d'Auguste pour devenir alors le Forum Magnum, le grand Forum. Détruit par un incendie au Ier siècle après JC, le forum sera progressivement abandonné pour être partiellement enseveli sous terre au Moyen-Âge. Le Forum Romanum est le plus bel exemple de forum romain et le témoignage lapidaire de ce qu'était l'organisation de la cité. Le site est remarquable pour les quelques monuments relativement bien préservés : l'arc de Septime Sévère, le temple de Vespasien, celui de Vesta, le Tabularium qui contenait les archives d'Etat et la basilique de Maxence et Constantin.

Colisée ou amphithéâtre de Flavien : au centre de Rome, cet amphithéâtre est le plus grand de l'Empire romain. De l'Ecosse à l'Egypte et du Portugal à la Mésopotamie, l'Empire romain est un territoire de 5 millions de km2 à son apogée au 2ème siècle. A l'époque, Rome comptait 2 millions d'âmes, la ville la plus peuplée du monde ; il faudra attendre le 19ème siècle et l'ère industrielle pour que Londres et Paris dépassent ce chiffre.
Situé juste à l'Est du Forum, le Colisée pouvait contenir 75 000 personnes et servait notamment aux combats de gladiateurs et aux exécutions publiques. Il perdra sa fonction au Moyen-Âge pour servir d'habitations, d'ateliers d'artisans, de sanctuaire religieux, de cimetière et de carrière ce qui provoqua des dégâts irrémédiables. Au-delà d'incarner toute la puissance de Rome, ce lieu exceptionnel est aussi un lieu sacré pour l'église chrétienne : les premiers chrétiens y furent martyrisés.

 

Le symbole éternel de Rome est en danger : victime de son succès (25 000 visiteurs par jour) et de l'érosion naturelle, il est aussi un dommage collatéral de la dette publique. L'Etat italien ne peut plus subvenir à son entretien, même s'il rapporte chaque année 27 millions d'euros. Le lifting indispensable chiffré à 25 millions d'euros sera intégralement financé par un mécène privé, Diego della Valle, propriétaire de la marque Tod's : les travaux commencent fin 2011 et dureront deux ans et demi. Le monument restera ouvert aux visiteurs, mais le rêve de la belle photo s'envole pour un temps. L'Italie possède 60% des richesses culturelles mondiales (selon l'Unesco) : à sa décharge, sans l'aide de riches mécènes en contrepartie d'une petite ristourne fiscale, impossible de conserver ce patrimoine qui appartient à tous.

Panthéon : sans conteste le monument antique le mieux conservé de toute l'architecture romaine. Situé sur le Champ de Mars, le Panthéon était un temple dédié à toutes les divinités de la religion antique. Son utilisation ininterrompue depuis sa construction au 1er siècle avant JC lui permet de transcender 2 millénaires dans un état quasiment intact. Depuis la Renaissance, le Panthéon est utilisé comme église et comme tombeau. Y reposent les deux derniers souverains italiens, Victor-Emmanuel II et Humbert II, et sans aucune controverse le peintre Raphaël.

Thermes de Caracalla : les plus grands et les plus luxueux thermes romains à son époque, dont l'exemplaire conservation jusqu'à nos jours surprend Photo_Rome_Decouverteencore. Construit fin du 2ème siècle, ce complexe massif était "l'aqualand" des Romains avec une portée sociale qui n'existe plus aujourd'hui : les vestiaires (avec baignoires et latrines) où le citoyen laissait ses vêtements sous la surveillance d'un esclave, la palestre (gymnase) pour réveiller le corps, le caldarium pour les réfractaires à toute activité physique, composé d'un bain chaud pour nettoyer son corps, le tepidarium pour se reposer dans l'eau tiède et le frigidarium, la grande salle des bains froids. On pousse le raffinement avec des pièces pour les bains privés, pour les bains de soleil, pour les soins de beauté (massage, épilation), et même un système de douches appelé lavatio. Les Romains ont tout inventé, il suffisait de les copier. Les Thermes étaient richement décorés de statues de marbre, de fresques murales et de mosaïques très évocatrices. Le Moyen-Âge et son peu d'intérêt pour l'hygiène corporelle auront raison des thermes romains.

Thermes de Dioclétien : postérieurs à ceux de Caracalla et deux fois plus grands, les thermes de Dioclétien sont les plus vastes jamais construits dans la Rome antique. Relativement bien conservés malgré la propension durant des siècles à utiliser les sites antiques comme carrières pour construire d'autres bâtiments, les thermes furent en partie convertis en église au 16ème siècle et servirent de "fonds baptismaux" à la basilique Sainte-Marie-des-Anges (Santa Maria degli Angeli) où Michel-Angel exerça son talent. Une autre partie fut utilisée comme grenier à céréales. Les thermes abritent aujourd'hui le Musée national des Thermes, réparti dans les différents jardins et salles rénovées. Ce musée fait partie de l'ensemble du Musée national romain qui comprend aussi le palais Massimo alle Terme, le palais Altemps et la Crypta Balbi, tous 4 dédiés à l'histoire de la Rome antique.

 

ROME CHRETIENNE

 

Photo_Rome_Basilique_St_PierreEntre 1870 (l'Unité italienne) et 1929 (les Accords du Latran), le souverain pontife se considérait comme prisonnier au Vatican. Une dramatisation pour une perte de privilèges. Difficile en effet de comprendre l'Italie sans comprendre son rapport à la religion catholique et au pape. L'annexion de Rome en 1870 et son statut de capitale du royaume en 1871 font perdre au pape les Etats pontificaux qui existent depuis 752. Plusieurs grandes villes dont  Modène et Parme, 7 provinces centrales de la péninsule dont Rome (capitale des Etats pontificaux), le Royaume de Naples et même les territoires d'Avignon et du Comtat-Venaissin en France ont formé au cours des siècles les Etats pontificaux, placés sous la juridiction du pape. Ce dernier s'oppose d'emblée au Risorgimento qui vise l'unification du pays : la peur de perdre la main-mise sur une grande partie du territoire, pour simplifier le raisonnement. A partir de 1870, se pose donc la Question romaine : où se place Rome, entre siège du pouvoir papal et capitale du nouveau Royaume d'Italie ? La réponse est donnée par une loi, la loi des Garanties, qui accorde au pape un territoire, le Vatican, et des privilèges, tout en le plaçant sous la juridiction de l'Etat italien. Pendant plus de 30 ans, les papes successifs, se sentant "prisonniers" au Vatican, vont s'opposer vivement à cette loi unilatérale et demander aux catholiques de ne pas participer à la vie politique du pays. Jusqu'à la signature des Accords du Latran qui met fin définitivement à la question romaine en réduisant les prétentions de souveraineté du pape au seul Etat du Vatican. Donnant/donnant : le gouvernement fasciste et son chef Mussolini reconnaissent en échange la religion catholique comme religion d'Etat. Une erreur que le nouvel Etat italien s'empresse de corriger en partie après la Seconde Guerre Mondiale en séparant les pouvoirs de l'Eglise et de l'Etat. Il n'empêche, si les lois catholiques ne sont plus appliquées, un mariage selon le rite catholique a un effet civil en Italie. Sans parler du lobbying du Vatican sur la politique intérieure. Le savoir permet de mieux appréhender les nuances de la vie publique italienne : le pouvoir de l'Eglise est réel et s'étend bien au-delà des frontières du Vatican. 

Fin de l'aparté. La Rome chrétienne commence avec le règne de Constantin au 4ème siècle. La généralisation du culte chrétien permet la construction des grandes basiliques romaines, la basilique Saint-Pierre de Rome, la basilique Saint-Jean-de-Latran (San Giovanni in Laterano), la basilique Saint-Paul-hors-des-murs (San Lorenzo fuori le Mura) et la basilique Sainte-Marie-Majeure (Santa Maria Maggiore). Ces 4 édifices sont appelées les basiliques majeures : elles sont associées au pèlerinage de Rome, un des trois pèlerinages chrétiens avec celui de Jérusalem et celui de Compostelle. Au Moyen-Âge, la visite des 4 basiliques majeures permettait la totale rémission des pêchés aux pèlerins. Aujourd'hui l'Eglise est plus "souple", la visite d'une seule permet d'obtenir l'indulgence plénière.

Basilique Saint-Pierre-de-Rome (Basilica di San Pietro) : le plus grand édifice de la chrétienté fut érigé au début du 16ème siècle sur les lieux mêmes de l'ancienne basilique de Constantin, à l'endroit où l'on situe le martyr de Saint-Pierre, premier pape de l'Eglise. Néron, l'empereur fou, à qui l'on doit le grand incendie de Rome en 64, était connu pour sa grande cruauté envers les chrétiens : il se délectait de leur persécution dans les arènes, en les condamnant à être jetés aux lions, à être brûlés vifs ou à être crucifiés. Tel l'apôtre Pierre qui demanda à être mis sur la croix la tête en bas, dans un souci d'humilité de ne pas mourir comme Jésus.

 

La construction de la basilique dura 120 ans. Plusieurs architectes y laisseront leur santé, on retiendra Raphaël et surtout Michel-Ange à qui l'on doit le choeur dominé par son immense dôme. La place Saint-Pierre (Piazza San Pietro), constitue le parvis de la basilique ; elle est d'inspiration baroque et sera réalisée plus tard par Bernini. L'objectif était de rassembler le plus grand nombre de fidèles tout en exprimant une certaine théâtralité : l'immense colonnade qui étend ses bras de chaque côté symbolise la protection de l'Eglise. Rendez-vous le dimanche après-midi pour la prière de l'Angelus, offerte par le pape depuis sa fenêtre : l'expérience est forcément unique, croyant ou non-croyant. Au Nord de la place, derrière la colonnade, se trouvent les palais pontificaux.
Vous êtes dans le plus petit Etat du monde, au Vatican, Etat théocratique dirigé par le pape, totalement enclavé dans la ville de Rome. 900 personnes sont déclarées citoyens du Vatican, composés principalement d'ecclésiastiques mais également de gardes suisses, l'armée du pape, au nombre de 110. Doutons un peu de l'efficacité de cette garde rapprochée qui devait à l'époque de l'attentat contre Jean-Paul II (13 mai 1981) respecter l'antique tradition médiévale lui interdisant de tourner le dos au pape. Et sans faire de blasphème, comment prendre au sérieux un soldat vêtu d'un costume rayé ridicule et armé d'une hallebarde ?

 

Tous les bâtiments de la Cité du Vatican sont des oeuvres d'art. Après la basilique et la place Saint-Pierre, vous pouvez visiter le palais apostolique où réside Photo_Rome_Basilique_Saint_Pierrele souverain pontife. Une grande partie est consacrée aux 11 Musées du Vatican qui comprend notamment la Chapelle Sixtine (capella sistina). Cette chapelle qui abrite les tractations secrètes du conclave lors de l'élection d'un nouveau pape est une pure merveille : les plus grands artistes de la Renaissance ont joué de leurs pinceaux sur les murs et la voûte de la chapelle, Botticelli, Ghirlandaio, Perugini, et Michel-Ange à qui l'on doit une fresque époustouflante de la Genèse. L'oeuvre de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine influencera de manière radicale la peinture occidentale, notamment grâce à sa représentation parfaitement maîtrisée du mouvement et du corps humain.

 

ROME MODERNE

 

Une ville comme Rome peut-elle avoir un visage moderne avec autant de vestiges du passé ? Ce n'est pas une ville sous cloche dont il aurait fallu arrêter le développement sous prétexte que les Anciens détenaient les canons de la beauté. 3 monuments représentent la Rome contemporaine, 3 monuments emblématiques de 2 époques :

 

Photo_Rome_Lessentiel- l'Autel de la Patrie connu sous le nom de Vittoriano, sur la Piazza Venezia proche du Capitole. Il s'agit du Musée de la Réunification réalisé à la césure entre le 19ème et le 20 siècle, qui célèbre les 50 ans de l'Unité italienne. En marbre d'un blanc immaculé, ce monument dédié à Victor-Emmanuel II fut longtemps controversé : affublé de noms peu flatteurs comme le râtelier, la machine à écrire ou le lavabo, ce bâtiment qu'on pourrait, il est vrai, opposé à l'harmonie de la Rome antique, est pourtant un précieux symbole pour tout un peuple. Jusqu'en 1870, l'Italie n'était que l'expression géographique d'un ensemble désuni de provinces, duchés et royaumes. L'Italie devient une réalité politique sous l'impulsion du Risorgimento, le mouvement de renaissance qui va unifier la péninsule. L'Italie telle que nous la connaissons est un pays jeune, en paradoxe total avec sa très longue histoire. Ceci explique la forte identité culturelle des régions : on parle encore autrichien dans la région du Trentin et grec antique (grico) dans certains villages reculés des Pouilles (Grecia Salentina) et de Calabre (Bovesia).

 

- le Palazzo di Gustizia (palais de Justice) où siège la Cour Suprême de Cassation (Corte Suprema du Cassazione), rive droite du Tibre sur le place Cavour ; les Romains le surnomment péjorativement le "palazzaccio", le vilain palais pour son éclectisme architectural. Toujours ces fameux canons de la beauté antique !

 

- le Palazzo della Civiltà Italinia (palais de la civilisation italienne) dans le quartier de l'EUR (acronyme de Esposizione Universale di Roma), rive gauche du Tibre ; surnommé le "Colisée carré", ce monument typique de l'architecture fasciste est impressionnant par son dépouillement et la pureté de ses lignes. Construit fin des années 30 en vue de l'Exposition Universelle de Rome en 1942 (qui n'aura jamais lieu), ce cube blanc avant-gardiste n'a jamais été ouvert au public et accueillera en 2012 le Musée National de l'Audiovisuel. 

 

WEEK-END A ROME

 

Le parfum de Rome est fait de vieilles pierres, on l'a vu, mais pas seulement. L'art de vivre langoureux et savoureux, la fellinienne "dolce vita", l'incessantPhoto_Rome_Fontaine_De_Trevi brouhaha de la cité, le mélange subtil de sobriété, d'élégance et de fantaisie sont les notes de tête de la fragrance romaine. Un parfum singulier qui ne se respire qu'ici. Rome est une cité entêtante, envoûtante, qui déchaîne les passions et qui donne vie aux folies les plus avouables. 

Le musée à ciel ouvert est aussi une ville, avec des habitants, qui vivent, rient, pleurent, se chamaillent, et qui n'oublient jamais la grandeur de leur cité. La fierté des Romains pour la ville éternelle est sans équivoque. Pas de chauvinisme devant l'évidence : Rome est unique, y habiter n'est peut-être pas une chance, c'est même plutôt compliqué, mais c'est sans doute un privilège. L'histoire donne corps au présent et l'avenir devient moins douloureux quand la beauté vous entoure.

 

Les clichés ont la vie dure. Le trafic romain, "che casino" ! Quel bordel ! Le manque de discipline génétique des latins n'est pas l'unique raison au chaos ambiant. Vous avez oublié ? vous êtes dans une capitale grosse de 2 millions d'habitants. C'est vrai, les Romains donnent un peu dans la surenchère : s'énerver fait partie du petit théâtre quotidien. N'y prêtez pas le flanc : soyez irréprochable, regardez devant vous, ne pensez pas à ce qui se passe derrière et soyez assurés "tous risques" !

 

A Paris, Londres ou New York, la fluidité ne caractérise pas non plus le trafic. Rome apporte une solution : le centre est une zone de circulation limitée, c'est-à-dire qu'il faut un permis payant pour circuler. La circulation alternée est également appliquée. Et le scooter ? La fameuse Vespa, la guêpe qui se faufile nerveusement dans le magma romain fait partie des cartes postales locales : sachez que rouler sans casque est une légende urbaine, le port du casque est obligatoire. Quant à conduire un deux-roues pour se sentir un vrai Romain, ça demande un peu de courage, surtout avec un vieux modèle.

 

On ne fera pas du trafic romain un problème. La meilleure option : vos deux pieds, une bonne paire de chaussures de marche ou le vélo. Oui, mais ce maudit trafic ? Pas de panique, même si Rome n'est pas Amsterdam, il existe un beau réseau de pistes cyclables avec des points d'échange proches des grands rendez-vous touristiques. La piste principale longe le Tibre du Ponte di Mezzocammino au Sud au Castel Giubileo au Nord. La ville propose aussi quelques parcours "nel verde", dans le vert, c'est-à-dire dans les parcs : vous pouvez traverser à vélo tout le parc dell'Appia Antica (11,3 km) ou celui degli Acquedotti (2,2 km). Le parcours de Monte Mario derrière la cité du Vatican est réservé aux bons mollets : 6,7 km seulement en VTT pour un panorama garanti.

 

Photo_Rome_Bon_A_SavoirPour vivre Rome, suivez le guide : une jolie ballade de 2 h (ou plus) vous emmène de la Piazza Navona à la Piazza San Pietro. De la baroque place Navona magnifiée par la fontaine die Fiumi et l'église Sainte-Agnès (chiesa Sant'Agnese in Agone), vous arrivez Piazza Sant'Appolinare par la Via Agonale. Vous poursuivez Via Zanardelli pour admirer l'église Sant'Agostino et ses fresques de Raphaël. Vous sortez par la Via della Scrofa et avez devant vous l'église San Luigi die Francesi, l'église des Français : ne manquez pas les 3 peintures réalisées par Caravaggio.

 

Tout à côté de l'église, le Palazzo Madama, ancienne résidence des Médicis à Rome et siège du Sénat de la République italienne aujourd'hui. Non loin, le Palazzo della Sapienza, oeuvre de Michel-Ange. Vous continuez Via di Parione ; en face de l'église di Santa Maria della Pace, Via del Governo Vecchio, ses vieux palais austères du 15ème siècle et son shopping moins ruineux que Via Condotti. Puis,  arrivée Piazza dell'Orologio. Encore des palais, encore des églises, et vous poursuivez Corso Vittorio Emmanuele pour tomber sur le château Saint-Ange (castello Sant'Angelo).

 

Par le pont Sant'Angelo, vous traversez le Tibre pour enfiler à droite la très large Via della Conciliazione : son élargissement au prix de la disparition des petites rues adjacentes nous offre une perspective exceptionnelle sur la basilique Saint-Pierre. A son extrémité, l'immense colonnade de Bernini et la place Saint-Pierre, triomphe du baroque et de la Renaissance. Vous êtes prêt pour la visite des musées pontificaux et pour une journée entière au coeur de l'art et l'histoire.

 

Une autre ballade typiquement romaine : de la Piazza di Spagna à l'église Sant'Ignazio di Loyola. Cet itinéraire baroque débute Piazza di Spagna : le monumental escalier qui conduit à l'église de la Trinité des Monts (chiesa della Trinità die Monti) a fait la célébrité de la place d'Espagne. L'endroit est toujours noir de monde, du haut des marches à la fontaine de la Barcaccia, les badauds se reposent avant d'attaquer Via Condotti et ses boutiques de luxe. A gauche, Via del Corso pour aller se rafraîchir à l'immense fontaine de Trevi qui mange toute la place : cliché romain par excellence, véhiculé par Fellini et son film "La Dolce Vita". Ne vous prenez pas pour Anita Ekberg, la coutume permet uniquement de jeter une pièce de la main droite en tournant le dos à la fontaine. Le Palazzo Poli lui fait face. Continuez Via del Tritone pour arriver devant l'église Sant'Andrea delle Fratte et terminer votre itinéraire par la visite de l'église de Sant'Ignazio di Loyola.

 

Un conseil : pour un week-end ou un séjour plus long, soyez prévoyant. Les files d'attente pour visiter les sites touristiques sont interminables, notamment Photo_Rome_Michaelangelo_Pietapour le Vatican, première attraction de la ville. Le site Viatorcom.fr vous permet de planifier et de réserver vos billets et vos excursions pour profiter au maximum de votre temps sur place.

 

Hébergement

 

On tombe moins dans les superlatifs pour évoquer l'hôtellerie italienne. Il faut taper haut pour être logé correctement, ou plus justement, en-dessous de la catégorie 3 étoiles, le classement n'est pas un critère suffisamment pertinent pour garantir la qualité. Pourtant la quantité ne fait pas défaut : 1 400 établissements de 1 à 5 étoiles dans un rayon de 5 km. L'hôtellerie de luxe vaut celle de toute grande capitale : une petite trentaine de 5 étoiles dont le légendaire Hassler au sommet de la Piazza di Spagna. La maison d'hôtes est une solution idéale pour être bien situé et profiter du charme à l'italienne : près de 300 offres à partir de 50€ (petit-déjeuner inclus). Sur le site http://www.venere.com, vous trouverez facilement le confort et le prix que vous recherchez.

 

5 bonnes raisons d'aller à Rome :

 

- pour y retourner, car "Roma, non basta una vita", une vie ne suffit pas pour connaître Rome

- l'incroyable labyrinthe historique
- être encore émerveillé par le talent de l'homme
- racheter tous vos pêchés avec les basiliques majeures
- manger les meilleures glaces du monde, été comme hiver

 

A lire ou relire

 

- "Histoire secrète du Vatican" de Corrado Augias (L'Express Editions), best-seller italien où l'auteur donne une vision complète de l'histoire révélée et cachée de la cité vaticane. Ou comment concilier affaires terrestres et affaires célestes. Fascinant.

- "Promenades dans Rome" de Stendhal (Gallimard), une promenade de 1829 toujours au goût du jour

 

A voir ou revoir

 

- "Rome, ville ouverte" de Roberto Rossellini (1945), chef-d'oeuvre du néo-réalisme italien

- "La dolce vita" de Federico Fellini (1960), pur chef-d'oeuvre d'énergie désabusée et subtil plaidoyer sur la déchéance 
- "Vacances romaines" de William Wyler (1953), fugue romaine pour la jolie Audrey Hepburn
- "Journal intime" de Nanni Moretti (1993), pour refaire le même itinéraire en Vespa

 

 

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